S Camara, TM Bah, I Fofana, AGO Tonouhéoua, AK Baldé, M Diawara
09-Dec-2025
Introduction : Le ptérygion récidive fréquemment après chirurgie, et bien que l’autogreffe conjonctivale soit la technique la plus efficace pour limiter ces récidives, les méthodes classiques de fixation du greffon — sutures ou colle de fibrine — restent sources d’irritations postopératoires. L’utilisation du sang autologue a récemment été proposée pour améliorer le confort des patients. L’étude présente vise à évaluer les résultats postopératoires à un an de cette technique de fixation. Méthodologie : Une étude observationnelle a été menée sur un an, incluant 35 yeux de 33 patients opérés d’un ptérygion primaire ou récidivant, sauf ceux présentant une fibrose au site de prélèvement. Les patients ont été suivis pendant six mois aux intervalles standardisés. La technique opératoire associait une exérèse du ptérygion, un prélèvement conjonctival facilité par hydrodissection, puis une fixation du greffon uniquement grâce à la fibrine issue du sang autologue présent sur le lit scléral. Le succès était défini par la stabilité du greffon et l’absence de récidive à six mois. Résultats : Les patients étaient majoritairement des femmes, âgés en moyenne de 44 ans, avec une prédominance de ptérygions primaires, de type II et situés en position médiale. Les complications observées ont été rares : deux pertes de greffon, un granulome et une récidive unique, non associée à un antécédent de récidive. La stabilité du greffon a été obtenue dans plus de 94 % des cas, et le taux d’échec global de la technique a été de 11 %. Le taux de récidive observé, faible, est inférieur à ceux rapportés dans plusieurs études africaines et maghrébines. Discussion : Les caractéristiques épidémiologiques retrouvées, notamment l’âge moyen et la prédominance féminine, diffèrent parfois de la littérature mais restent compatibles avec les populations exposées en zone tropicale. La prédominance des formes primaires et médiales confirme les tendances observées dans les études précédentes. La technique au sang autologue a permis un bon maintien du greffon et a réduit l’incidence des récidives, avec un profil de complications favorable. Le lien entre âge et récidive reste incertain, les résultats étant discordants avec certaines publications. Conclusion : La fixation de l’autogreffe conjonctivale par sang autologue apparaît comme une alternative fiable, bien tolérée et associée à un faible taux de récidive. Elle constitue une option prometteuse pour optimiser les suites opératoires dans la chirurgie du ptérygion.
Ptérygion, Autogreffe Conjonctivale, Sang Autologue, Chirurgie Oculaire, Récidive, Greffon Conjonctival, Complications Postopératoires, Ophtalmologie