DR Wangrawa, I Guira, B Ouedraogo, KAA Djiguimde, SR Ouoba, M Ouedraogo, R Kabore, A Kabore, S Kaboret, F Koueta
27-May-2026
Introduction : Les infections cutanées néonatales sont fréquentes et généralement dues à des bactéries telles que Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogenes. Cependant, certaines bactéries environnementales rares comme Chromobacterium violaceum peuvent être responsables d’infections graves. Nous rapportons un cas d’infection néonatale à C. violaceum afin de partager notre expérience concernant cette étiologie rare. Cas clinique : Il s’agit d’un nouveau-né de sexe masculin, âgé de 7 jours, issu d’un accouchement qui s’est déroulé en brousse. Le nouveau-né présentait à l’admission un ictère et une tuméfaction du tiers moyen de la cuisse droite, luisante, fluctuante et douloureuse. Une ponction exploratrice de la tuméfaction a ramené du pus dont l’examen a isolé une souche de Chromobacterium violaceum, sensible aux aminosides. Le nouveau-né a bénéficié d’une mise à plat de l’abcès et d’une antibiothérapie à base d’amikacine pendant 7 jours. L’évolution clinique a été favorable. Discussion : Chromobacterium violaceum est une bactérie tellurique vivant dans le sol et les eaux stagnantes des zones tropicales et subtropicales. Bien que largement répandue dans l’environnement, l’infection humaine à C. violaceum demeure rare mais redoutable en raison de son évolution potentiellement rapide vers une septicémie sévère. Dans notre observation, l’ombilic constitue la porte d’entrée la plus probable. Les conditions septiques ayant entouré l’accouchement et les premiers soins ont vraisemblablement favorisé la contamination. A notre connaissance, il s’agit du premier cas rapporté d’infection néonatale à C. violaceum au Burkina Faso. Cette observation confirme la présence de cet agent pathogène dans notre environnement, met en évidence des facteurs favorisant la transmission chez le nouveau-né et souligne le rôle central de l’examen bactériologique dans l’identification des étiologies inhabituelles d’infections néonatales. Conclusion : L’infection néonatale à C. violaceum est rare mais potentiellement mortelle. Le diagnostic précoce et l’instauration rapide d’une antibiothérapie adaptée conditionnent le pronostic.
Nouveau-Né, Infection, Chromobacterium Violaceum, Burkina Faso